Visite d'un ancien à l'IFAID

Romain Coudert, promo 2012-2014, a réalisé son application sur les hautes terres à Madagascar dans le cadre de l’accord de coopération signé entre le Conseil régional d’Aquitaine et la Région Itasy. Il était chargé d’un diagnostic de territoire pour la mise en place potentielle d’un réseau des acteurs de la formation agricole et rurale. Nous avons saisi l’occasion de sa venue pour lui poser quelques questions.

IFAID : On va remonter un peu le temps. Est-ce que tu pourrais nous dire quelques mots sur ton choix de suivre la formation de coordonnateur de projets de solidarité internationale et locale (COPSIL) ?

Romain Coudert : J’étais déjà parti à plusieurs reprises à l’étranger, notamment au Togo et en Espagne. Deux expériences très différentes. Ma formation de base en développement rural était axée sur l’accompagnement de projets de développement local et m’a amené à effectuer un stage au Togo où j’ai mis en place un projet de développement d’une unité de soin. J’ai été confronté à toutes les difficultés que l’on peut avoir à mettre en place un projet conçu avec les outils du développement local en France dans un contexte particulier, celui du Togo (constitution d’une association locale, recherche de financement, transfert de fonds internationaux). J’avais des lacunes en méthodologie de recherche de financement et j’ai eu beaucoup de difficultés à récolter des fonds pour le projet auprès de collectivités territoriales françaises. En Espagne, j’étais animateur socio-culturel dans un centre d’insertion pour des migrants. Mon envie de continuer mes expériences à l’étranger s’est renforcée, mais je voulais me donner les outils nécessaires et me former sur les compétences qui me manquaient et que j’avais préalablement ciblées. L’IFAID répondait à mes attentes et était référencé sur le site du Ministère des Affaires Etrangères.

IFAID : Quelles ont été tes principales activités dans le cadre de ton application professionnelle ?

R.C. : La première étape a consisté à établir un diagnostic de territoire. Ma commande était d’établir l’architecture d’un réseau. Je voulais répondre aux questions suivantes : à quels besoins devait répondre ce réseau ? Pourquoi mes commanditaires avaient pensé à un réseau ? D’où leur venait l’idée ? Dans quel contexte ? J’ai consacré 50% de mon temps d’application à ce diagnostic du fait du grand nombre d’acteurs potentiellement concernés dans la région Itasy qu’il fallait que je rencontre. Il m’a fallu analyser les jeux d’acteurs. A partir de là, j’ai proposé un plan d’action pour mettre en place ce réseau. On partait de zéro. L’enjeu a été de susciter la participation des acteurs, en conciliant la problématique du temps qu’ils avaient à consacrer au projet et l’intérêt de participer à un réseau. J’ai imaginé une formalisation progressive en fonction des besoins.

IFAID : Quel est ton meilleur souvenir de l’application ?

R.C. : Mon arrivée ! La découverte de mon cadre de vie. Toute la première période de rencontre avec les acteurs du territoire et les personnes que j’ai interrogées pour les besoins du diagnostic. C’était intéressant et une belle expérience humaine.

IFAID : Une difficulté qui t’a demandé le plus de travail ?

R.C. : Le décalage culturel. Et l’effort fourni pour briser les préjugés, pour essayer de se mettre à la place des personnes dans leur quotidien et de le comprendre. C’était difficile de comprendre leur point de vue tout en apportant le sien, l’équilibre a été difficile à trouver.

IFAID : Si tu avais un conseil à donner ?

R.C. : Il faut s’accrocher, être bon jongleur et endurant. Cela m’est arrivé de vouloir arrêter parce que la formation et la gestion du temps en application demandent un rythme soutenu, d’autant plus quand on est dans le bain de son projet et qu’il faut reconnecter avec le rendu du mémoire.

IFAID : Et maintenant ?

R.C. : Je travaille en France. Je suis salarié en CDI à Terre de Liens, qui est une association nationale dont le cœur de métier est d’accompagner les porteurs de projets agricoles dans la recherche de foncier et dans l’installation de leur activité d’agriculteur biologique à travers la mobilisation d’épargne solidaire.

IFAID : Le mot de la fin ?

R.C. : C’était bien ! Mais je suis content que ce soit terminé.