Paroles d'Ifaidien(ne)s!

Leslie d’Hardivilliers, promotion 2016-2018, réalise sa deuxième année de formation (application) à Madagascar sur une mission de protection et de valorisation des ressources naturelles du lac Itasy dans le cadre de la coopération décentralisée de la région Nouvelle-Aquitaine avec la région Itasy.

Quelles étaient tes motivations à suivre la formation en coordination de projet de l’IFAID ?

« Je n’ai pas su tout de suite que je voulais travailler dans le développement ou la solidarité. J’ai eu un premier parcours dans le milieu artistique et j’ai ensuite voyagé. C’est ça qui m’a donné envie de travailler dans le développement et dans le social. J’ai un parcours non linéaire : je suis d’abord passée par la fac d’économie et ensuite un DUT en gestion urbaine. J’ai repéré l’IFAID pendant que je faisais mon DUT. Je me suis dit que la formation correspondait à ce que je voulais, car elle était professionnalisante, donnait de la méthodologie et nous permettait d’apprendre un métier, une profession, plutôt qu’un domaine ou un secteur d’activité en particulier. Comme je me projette bien dans une pratique professionnelle qui est assez polyvalente, je trouvais que tous les outils qui étaient proposés, ainsi que les unités de formation correspondaient à ce que j’avais envie d’appliquer dans mon futur professionnel. Donc après le DUT j’ai fait un service civique dans une ONG qui m’a permis de bien confirmer que je souhaitais travailler dans ce domaine. A la suite, j’ai postulé à l’IFAID. »

Qu’est-ce que la formation à l’IFAID t’a apporté ?

« Au-delà de tous les enseignements techniques et de méthodologie que nous avons pu recevoir, la formation a encore renforcé ma capacité à travailler en équipe, à travailler vite tout en étant efficace, à être patiente. Comme la formation est mixte (en termes de diversité de profil), les pratiques professionnelles de chacun nous enrichissent et nous apportent mutuellement des choses. Cet aspect de la formation m’a beaucoup apporté. J’ai appris plein de choses sur différents domaines que je ne connaissais pas. Les projets tutorés sur lesquels on travaille ne sont pas forcément dans des domaines que l’on maitrise. C’est un vrai enrichissement professionnel et de culture générale aussi. Et puis plein de « potes » (rires) ! »

Comment se passe ta deuxième année jusqu’à présent ? Qu’est-ce que cette expérience à Madagascar t’apporte ?

« Je suis vraiment bien tombée je pense parce que la mission me plaisait beaucoup au départ puisque j’avais envie de travailler dans le domaine de la protection de l’environnement et que mon « application » est axée protection des ressources naturelles, spécifique au lac Itasy et zones humides. C’est aussi un nouvel apprentissage parce que je me suis retrouvée à faire de la recherche sur la pêche continentale, domaine que je n’aurais pas forcément abordé avant. La mission est passionnante. Je suis dans une très bonne équipe, que ce soit mes collègues ou le coordonnateur de mon projet, David-Pierre. J’aime aussi beaucoup Madagascar et vivre en Itasy. Que ce soit sur le plan professionnel, social ou le cadre de vie, tout est réuni. En plus, je n’aspirais pas forcément à partir à l’étranger au début. Disons que je donnais une priorité au contenu de la mission avant sa localisation géographique. Cette mission m’ouvre sur un domaine d’activité que je ne connaissais pas du tout. Sur le plan professionnel aussi, je pense que c’est très différent quand on est dans un cadre d’expatriation, parce qu’il faut réapprendre beaucoup de chose et apprendre à adapter sa méthode de travail au contexte du pays. C’est un bon apprentissage. Je n’avais pas d’appréhension particulière avant de venir et j’en ai presque plus, maintenant. »

En quoi consiste ta mission ?

«  Je travaille sur la protection et la valorisation des ressources naturelles du lac Itasy.  Le conseil régional Nouvelle-Aquitaine travaille depuis 2010 sur ce sujet, avec pour objectif la mise en place de documents stratégiques, d’études et de diagnostic. J’ai pris la suite d’une autre Ifaidienne, Carole Chemin, qui avait beaucoup travaillé sur la gestion communautaire des ressources naturelles. Quand je suis arrivée, l’idée était que je travaille sur les questions de transfert de gestion. Nous (l’équipe du conseil régional Nouvelle-Aquitaine) sommes là pour appuyer les collectivités ou les services déconcentrés de l’Etat, nous essayons aussi de valoriser les dynamiques locales qui se mettent en place. Nous ne sommes pas là pour faire « à la place de » mais pour appuyer les initiatives en termes de méthodologie et de technique. Il s’avère que la direction régionale des pêches a eu envie de mettre en place un plan d’aménagement des pêcheries et a exprimé le besoin d’être appuyée. Ce qui étaitprévu initialement pour ma mission a été réorienté pour répondre à ce besoin. Je suis donc en train de mettre en place une feuille de route pour pouvoir aider la direction à créer ce plan d’aménagement. C’est un processus assez long. Je fais aussi de la consultation au niveau des acteurs du territoire : ONG, population et collectivités territoriales. En plus de la production de la feuille de route, je vais produire un second document qui sera un guide d’élaboration du plan d’aménagement des pêcheries qui sera référencé au niveau du ministère des pêches. Pour cela, je travaille en binôme avec un agent du ministère. Je suis aussi assistante de coordination. Dans ce cadre j’ai eu l’occasion de travailler sur le projet MC2D en novembre 2017 dans le cadre du projet de recherche DeMeTer. J’ai travaillé conjointement avec David-Pierre (assistant technique de la coopération) et Manon Fabre (VSI, Chargée d'appui au projet de recherche DeMeTer) sur l’organisation de deux semaines de formation pour des étudiants en Licence 2 et 3 de l’université de Soavinandriana : cartographie, enquêtes par questionnaire, gestion de projet pour laquelle notamment je me suis beaucoup appuyée sur les enseignements reçu à l’IFAID. J’ai aussi participé à l‘organisation des 2èmes Assises de la Coopération Internationale des Collectivités Malagasy et Françaises. J’ai pu aussi participer à la réponse à l’appel à projet « Facilité de financement des collectivités territoriales françaises (FICOL) » de l’AFD. »

Quels sont tes projets après la soutenance du mémoire et la fin de l’IFAID ?

« Je n’ai pas de projet bien défini. J’avoue que j’aimerais bien rester à Madagascar parce que neuf mois seulement c’est très frustrant et le cadre me plait beaucoup. Je vais attendre que l’application se termine et que la soutenance se passe. »

Où te vois-tu dans 5 ans ?

« C’est une question difficile. J’ai encore envie de découvrir d’autres terrains et d’étoffer mon parcours professionnel. J’ai aussi hâte de la sortie de l’IFAID et de pouvoir enchainer sur différentes missions d’un an à deux ans qu’elles soient à l’étranger ou en France. »

Quel est ton meilleur souvenir de l’IFAID ?

« Il y en a beaucoup ! Je n’ai pas de souvenir en particulier. Les moments informels avec la promo sont de très bons souvenirs. Même si ce n’étaient pas toujours des moments agréables, j’aimais bien aussi les temps où on travaillait en groupe, l’esprit de groupe, les idées qui fusent. »

Un conseil ?

« Vivre pleinement ce qui est abordé et enseigné dans la formation, l’année à Bordeaux, de la dynamique de groupe, des profils de chacun, de tout ce que chacun peut apporter. Même si parfois c’est difficile et que la motivation manque tout est important et intéressant donc il ne faut pas lâcher. Et surtout prendre conscience que c’est une chance d’être entré à l’IFAID parce que c’est une formation un peu unique. »

Comment vois-tu l’IFAID dans l’avenir ?

« J’espère que ça va continuer ! »